La revue de la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image

Mémoires et thèses

Thèse

Rire sous la dictature, rire de la dictature : l’humour graphique dans la presse indépendante : une arme de résistance sous le régime militaire brésilien (1964-1982)

Cette thèse porte sur le rôle politique de diverses formes d’humour graphique – la charge, la caricature, la bande dessinée, la gravure et le détournement d’image photographique – publiées dans la presse indépendante, sous le régime militaire brésilien instauré à la suite du coup d’État du 31 mars 1964. Il s’agit d’analyser les styles, les mécanismes et les pratiques contestataires spécifiques au dessin d’humour et à l’image satirique à partir de l’institutionnalisation du pouvoir autoritaire et jusqu’à la réinvention des moyens d’expression indépendants au début des années 1980. Dans un contexte de fermeture progressive du régime, de répression policière, de rétrécissement drastique du champ légal de l’action politique et de sévères limitations imposées à la liberté d’expression, l’humour graphique fut employé par les rédactions afin de contourner les diverses formes de censure et de lutter contre l’imaginaire autoritaire. La réinterprétation de certaines pratiques inscrites dans la tradition de l’humour visuel brésilien, construite à partir de l’essor de la presse imprimée au XIXe siècle, fut accompagnée d’innovations esthétiques, thématiques et militantes majeures dans un rapport mouvant à l’interdit, au toléré et à l’autorisé. Les périodiques, les dessinateurs et événements furent représentatifs d’importantes étapes dans l’élaboration des luttes symboliques et légales menées par les rédactions indépendantes. La diversité des sources iconographiques, manuscrites, imprimées et orales révèle l’important pouvoir de synthèse et le rôle fondamental de l’humour graphique dans la construction d’univers visuels thématiques caractéristiques des combats – et des divergences – des mouvements brésiliens de l’opposition démocratique. - voir sur theses.fr

Mémoire

L’Analyse de l’illustration panoptique dans les journaux illustrés au XIXe siècle

Au XIXe siècle regorgeant de différentes formes d’images, la coupe de bâtiment qui montre l’intérieur d’un bâtiment, autrement dit, l’illustration panoptique, fut très apprécié. Cette recherche porte sur la structure et l’évolution des illustrations panoptiques, et l’analyse de leurs éléments tels que la chambre, le mur, l’escalier, le personnage et le texte. Les yeux humains veulent voir plus loin et beaucoup de choses à la fois. Comme une réponse à telle attente, l’illustration qui suscite les imaginaires kaléidoscopiques devinrent tendance à partir de la fin du XVIIIe siècle. La coupe de bâtiment, issue du domaine d’architecture, publiaient aussi dans les journaux en y ajoutant un caractère satirique et voyeur. Les illustrations au début et milieu du siècle firent une satire de la hiérarchie sociale de la ville modernisée. Mais à la fin du siècle, sous l’influence de « l’histoire en images », leurs natures satiriques étaient diluées, et leur simultanéité des espaces changeait en une séquentialité. Par ailleurs, la structure de l’illustration panoptique pouvait briser facilement l’ordre de lecture général d’une page. Son espace limité et ses éléments structuraux suscitaient non seulement le découpage irrégulier d’une planche, mais aussi les éléments de l’accentuation, que les premières bandes dessinées de l’époque ne pouvaient avoir. C’étaient des signes de la modernisation en images.

Mémoire

L’ordre de lecture de la bande dessinée : histoires en images au XIXe siècle et Building Stories par Chris Ware

Dans une page de bande dessinée, les cases se lisent généralement selon le Z-path, de gauche à droite et ligne après ligne. Cet ordre de lecture est une règle qui imite celui du texte, et qui était conventionnée à travers l’histoire de la BD. Cependant, contrairement à celui du texte linéaire, l’ordre de lecture des cases dans la page de BD peut changer par certains facteurs, parce que la page de BD contient l’image susceptible d’être influée par la cognition psychologique. Par ailleurs, le XIXe siècle durant lequel étaient en vogue les histoires en images, les prototypes de la bande dessinée, ne connaissait pas encore les règles de la BD contemporaine. Ayant pour but de trouver une réponse à la question « l’ordre de lecture des vignettes dans l’histoire en images qui n’avait pas encore les règles de la BD contemporaine, était-il même que celui de la BD contemporaine ? », cette recherche analyse l’ordre de lecture de ces histoires en images au XIXe siècle et les compare avec la BD expérimentale. D’abord, nous avons révisé les théories existantes sur l’ordre de lecture de la BD contemporaine. Puis selon ces théories, nous avons classifié la composition de l’histoire en images, et avons analysé leurs ordres de lecture. Fondamentalement, les histoires en images respectent le Z-path, mais certaines ont un ordre de lecture exceptionnel en déviant les règles contemporaines. De plus, certaines ont leurs propres règles exceptionnelles qui disparaissaient au présent. Nous avons aussi essayé une comparaison avec la BD expérimentale contemporaine : les planches de bâtiment dans Building Stories (2012) par Chris Ware offrent une nouvelle expérience du parcours de lecture en guidant le regard du lecteur par les éléments schématiques, et leurs compositions ont des similitudes avec celles des caricatures de la coupe de bâtiment au XIXe siècle.

Thèse

"Travailler dans les Petits Mickeys" : les dessinateurs-illustrateurs en France et en Belgique de 1945 à 1968

Ce travail s’attache à étudier la profession de dessinateur-illustrateur en France et en Belgique francophone de 1945 à 1968. La profession a longtemps été étudiée sous le seul prisme de la bande dessinée ou du dessin de presse politique. Grâce à une approche prosopographique et à l’étude de 400 trajectoires professionnelles, nous montrons que le métier de dessinateur est polyvalent dans les années 1950 et 1960, touchant autant à l’illustration qu’au dessin politique ou à la bande dessinée. Les dessinateurs sont dépendants du marché et multiplient les lieux depublication comme les pratiques graphiques, en particulier au sein des illustrés. Nous avons privilégié ce support pour appréhender la pratique professionnelle des dessinateurs du corpus. La polyvalence des dessinateurs et leur dépendance vis-à-vis du marché a des conséquences directes sur la manière dont ils construisent et définissent leur métier, en termes d’auto-représentation, de sociabilités comme de revendications. Le statut de journaliste devient unpoint d’ancrage pour nombre d’entre eux, apparaissant comme le meilleur moyen de bénéficier des acquis sociaux qui concernent la société salariale de la France et la Belgique des Trente Glorieuses. Dans le même temps, certains aspirent malgré tout au statut d’indépendant. Les dessinateurs endossent également leur rôle de journalistes dans leurs productions graphiques : leur travail pour la presse et les ouvrages à grand tirage fait d’eux des observateurs visuels de la société des Trente Glorieuses, dont ils transmettent les valeurs, les innovations et les questionnements. C’est dans ce contexte que s’imposent, parfois conjointement, le dessin absurde et la bande dessinée, sans pour autant qu’il s’agisse déjà de spécialisations professionnelles. - voir sur theses.fr

Thèse

Le sabre et l’armure. L’image des samurais, de la période Edo à nos jours (France, Angleterre, Etats-Unis, Japon).

Dans une première partie nous voyons les samurais vu par eux-mêmes pendant la période d’Edo (la capitale de l’époque) entre 1603 et 1868. La vision de ces guerriers est abordée par le point de vue de Yamato Tsunemoto par exemple, qui est l’auteur du Bushido (le code des samurais). Dans une seconde partie, le propos est axé sur les grandes figures chez les samurais comme Miyamoto Musashi, le plus célèbre et puissant de tous les samurais. Il reste invaincu tout au long de ces nombreux combats. Enfin, dans une dernière partie, l’image des samurais est traitée à notre époque avec des supports aussi divers que les films ou la bande dessinée par exemple. Le but de cette thèse était de démontrer en quoi le samurai est mal perçu de nos jours. Dans l’imaginaire collectif, nous avons une fausse image de ce qu’a pu être ce type de japonais. Cela est dû particulièrement au cinéma hollywoodien, les romans et bandes dessinées. Cependant, avec le travail des historiens et de cette thèse, nous comprenons que le samurai n’est pas qu’un simple guerrier. En effet, en étant au service du peuple, du shogun et de l’empereur (du Japon), le samurai est l’image même du premier fonctionnaire (au sens moderne du terme). - voir sur theses.fr

Thèse

Dessiner l’histoire – Tardi et la culture populaire

L’étude des œuvres de Jacques Tardi, dans leur singularité et dans le contexte d’édition des bandes dessinées historiques, nous permet d’interroger le rapport entre l’imaginaire culturel et l’histoire en tant que science humaine. Nous étudierons les vecteurs de transmission de l’histoire contemporaine par le biais des ouvrages et adaptations de l’artiste ainsi que le contexte de réception auprès de publics différenciés dans le cadre d’une enquête sourcée. Cette thèse envisage d’appréhender l’influence de Tardi dans l’invention et la diffusion d’une culture historique et visuelle. - voir sur theses.fr

Thèse

La figure du posthumain : pour une approche transmédiale

Ce travail s’attache à étudier les figures de la posthumanité en s’appuyant sur un corpus transmédial et transnational et à répondre à deux questions principales : Peut-on, au travers de la figure du posthumain, percer à jour les désirs et les angoisses de l’homme de ce millénaire encore naissant ? Comment l’expérience de pensée posthumaine, mise en mouvement par la fiction, questionne-t-elle la notion même d’humanité ? Dans un premier temps, il met en relief les liens existant entre la posthumanité et ce territoire homogène et récurrent dans le corpus, qu’on nommera à la suite d’Antonio Negri et Michael Hardt, l’Empire. Dans un second temps il s’intéresse à la plasticité du corps et de l’esprit posthumains, à la façon dont leurs multiples avatars se déploient à travers le temps ainsi qu’aux raisons qui sous-tendent cette extrême plasticité. Enfin, dans un dernier mouvement, il s’attelle à montrer que, loin de s’inscrire dans un imaginaire radicalement nouveau, le post-humain procède en fait du réagencement ou de la reconfiguration d’un imaginaire anthropologique déjà bien ancré dans l’inconscient collectif. - voir sur theses.fr

Thèse

Représentation de l’oral dans l’écrit. Le cas de l’interjection dans les bandes dessinées francophones et russophones

Qu’on la considère comme faisant partie de la langue ou à la limite de celle-ci, l’interjection a toujours attiré l’attention des chercheurs. Aujourd’hui, l’étude de l’interjection relève d’un champ de disciplines vaste, et son rôle crucial dans la communication n’est plus mis en doute : l’interjection est inscrite dans le discours, et ses fonctions y sont nombreuses. Dans ce travail de thèse, nous étudions l’interjection en tant que marque d’oralité dans un texte écrit, sur l’exemple des bandes dessinées francophones et russophones, le but étant d’appliquer les conclusions traductologiques à la théorie de l’interjection. Cette analyse contrastive permet non seulement de définir les techniques de sa traduction, allant de la traduction littérale à l’adaptation ou la compensation, mais également d’enrichir sa théorie linguistique en confirmant son caractère conventionnel, sa polysémie, sa similitude avec la phrase, et son aspect fonctionnel. En complémentarité avec l’approche linguistique et traductologique, nous nous intéressons à l’étude de la plasticité de l’interjection : la visualité étant un facteur déterminant dans la construction du sens de l’interjection qui introduit les interrogations sur la poétique de l’interjection et l’élaboration du style à travers l’interjection dans la bande dessinée. Enfin, ce travail débouche sur d’intéressantes perspectives sur la comparaison de la traduction de l’interjection dans plusieurs paires de langue : cette étude de l’interjection dans un espace traductologique élargi permettant de contribuer à repenser, dans la continuité de notre travail, la définition linguistique de ce phénomène dans les langues. - voir sur theses.fr

Thèse

Napoléon, un mythe postmoderne ? Description et analyse de la figure napoléonienne, dans l’imaginaire collectif, à travers la littérature populaire et la culture de masse (bande dessinée, jeux vidéos, publicité)

Cette thèse a pour objectif de questionner la présence de la figure napoléonienne, près de deux cents ans après la disparition de Napoléon Bonaparte (1769-1821), dans la production culturelle populaire francophone (littérature, bande dessinée, jeux vidéo, publicité) de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle, sous l’angle de la mythocritique.Dans une démarche diachronique, sont préalablement évoquées les représentations de l’image napoléonienne aux XIXe et XXe siècles, à travers la littérature et la culture populaires (caricatures, chansons, images d’Épinal) afin de mettre en lumière la création du mythe de Napoléon et son évolution à travers les siècles. Nous avons fait le choix de suivre une approche synchronique, tout d’abord, en privilégiant l’étude comparée de romans francophones (uchronies, pastiches…) évoquant le personnage napoléonien. Notre corpus prend aussi en compte l’imagerie contemporaine, par le biais de divers exemples de bandes dessinées et de mangas japonais utilisant la figure de Napoléon Bonaparte, depuis les années 1969 (bicentenaire de sa naissance). Nous nous sommes donnés pour tâche d’illustrer et de documenter, le plus exhaustivement possible, cette présence du mythe afin de l’analyser et de pouvoir en dégager les mythèmes et motifs postmodernes qui la nourrissent.D’autres supports que la littérature populaire sont également convoqués car ils en constituent le vecteur : en effet, nous avons souhaité intégrer à nos travaux l’analyse de publicités ; l’image et la vidéo constituant indéniablement aujourd’hui, une des sources principales des représentations collectives et des mythes de la postmodernité. Dans le but de réaliser des recherches les plus exhaustives possibles, nous avons également souhaité, dans l’ultime chapitre de notre étude, interroger la présence (ou l’absence) de la figure napoléonienne dans les programmes de l’Éducation nationale ou encore les collections et expositions des musées. A travers l’étude approfondie de ce corpus, accompagnée d’un large panorama comprenant notamment l’analyse de la présence de la figure historique de Napoléon Bonaparte dans les jeux vidéo et sa représentation sur de nombreux sites internet, il a été question de mettre au jour les mythèmes-motifs-valeurs contemporains qui émergent aujourd’hui du personnage demeurant mythe, en France, deux cents ans après sa disparition. - voir sur theses.fr