le Laboratoire d'Imagerie Numérique du centre national de la bande dessinée et de l'image

la mise en oeuvre...

La ville d'Angoulême songeait depuis longtemps à prolonger par une activité permanente le Salon International de la Bande Dessinée.
Ce dessein a rencontré au début des années 80 la volonté de l'Etat d'implanter en région quelques-uns de ses grands projets architecturaux et d'en consacrer un à la bande dessinée.
La création de l'architecture fut confiée à Monsieur Roland Castro et la direction générale du projet à Monsieur Denis Raison.

la construction du bâtiment Castro
La DATAR, sollicitée en 1989 par le Député-Maire d'Angoulême Georges Chavannes, intervint aux côtés des collectivités territoriales pour financer l'équipement du Département d'Imagerie Numérique.

Après quatre ans de préfiguration, le fonctionnement de l'association C.N.B.D.I. fit l'objet d'une convention signée en juin 1989 par le Ministère de la Culture et la ville d'Angoulême, principaux soutiens du projet.
La première équipe du Département d'Imagerie Numérique, mis en place par le Directeur Pierre Lère, fut la suivante:




Photo CNBDI: Pierre et Jean-Baptiste Lère dans la configuration initiale du D.I.N.


Pierre Lère nous parle du pôle technologique qu'il met en place en 1989 :

Ce versant technologique des activités du Centre est né de la volonté de la Ville d'Angoulême de devenir une ville de l'image au-delà des trois jours du Salon de la bande dessinée et de faire des industries liées à l'image un nouvel axe de son développement.

A l'époque de la conception du C.N.B.D.I., les métiers de la communication graphique et de l'impression étaient prospères depuis longtemps.
Ceux de la vidéo venaient de s'implanter et le dessin animé faisait une entrée remarquée.
Restait un maillon manquant, un dénominateur commun sans doute important pour l'avenir de chacun mais encore indiscernable : l'utilisation de l'informatique dans la réalisation et le transfert des images.

Permettre à chaque dessinateur, à chaque graphiste, à chaque vidéaste ou photographe d'investir les nouvelles possibilités offertes par les techniques infographiques, telle a donc été l'autre vocation assignée au C.N.B.D.I.

Ouvert dans la première partie du bâtiment depuis 1989, le Département d'Imagerie Numérique est parvenu en 1990 à l'âge adulte.
Equipé d'un matériel de pointe, il est d'abord un site européen de la formation.

Il permet, à ce titre, l'initiation, le perfectionnement et la recherche pour la création des images numériques.
Il délivre un "Master of Art", diplôme d'études supérieures reconnu à l'échelle européenne.
Le Centre assure également un rôle de conseiller technique régional (CRITT) "nouvelles technologies de l'image" et de pépinière d'entreprises.
C'est enfin une entreprise de production d'images de synthèse et d'images composites fixes ou animées en préfiguration d'un véritable pôle régional de production.
"starters", un film de Kristof Lefébure

Les personnes.

Le département d'imagerie numérique (DIN), dans un premier temps (1989-1997),
puis le laboratoire d'imagerie numérique (LIN) dans un second temps (1997-2004),
ont mis en oeuvre un ensemble de formations supérieures à la réalisation de films d'animation ou d'effets spéciaux en images de synthèse.
Une fois formés, les étudiants devenaient à leur tour formateurs, il existait en effet peu de personnes disponibles sur le marché,
dans cette activité de pointe.
Pierre Lère intégra tout à tour, parfois au titre de service civil, les bonnes oeuvres de Frédéric Soumagnas, Frédéric Sautai et Jean-David Hernandez, lesquels laissèrent le champ libre à Paul-Eric Bertaud et Jean-Michel Ponzio, pour les périodes de 1991 à 1994.
Suivirent d'autres volontaires parmi lesquels : Serge Meirinho, Virginie Sabourin.

L'arrivée d'un nouveau directeur général à la tête du C.N.B.D.I. provoqua un remaniement des services et des personnels.
Pierre Lère, père fondateur du L.I.N. prit congé de son nouveau-né et laissa Thierry Chilliard prendre en main le destin du laboratoire, Kristof Lefébure et Thierry Vilar, piliers de l'institution, gardant l'oeil sur le cursus pédagogique, tout en assumant des projets de production, apportés par Daniel Bricka pour le compte du CRITT, et par Laurent Herbreteau et Jean-Yves Ségura, autres têtes dirigeantes incontournables.
La pérénisation du diplôme D.E.S.S.I.N. maison conduisit Thierry Chilliard à demander un poste permanent de plus.
Ce poste fut assumé par Renaud Jungmann, au titre de service civil puis de salarié permanent permit au L.I.N. d'acquérir une vitesse de croisière.
Le départ définitif de Kristof Lefébure, Thierry Vilar et Paul-Eric Bertaud puis de Thierry Chilliard marqua un tournant dans l'aventure du L.I.N.
Renaud Jungmann devint Course Leader, puis responsable pédagogique d'un nouveau diplôme EMMA intégrant l'ancien D.E.S.S.I.N,
diplôme qu'il présenta au Royal Collège of Art puit défendit à l'université Of Art & Design d'Helsinki en compagnie d'Arielle Bourdila.
Le directeur du C.N.B.D.I. en place, André-Marc Delocque-Fourcaud appuya cette nouvelle impulsion,
en confiant l'administration du L.I.N. à Laurent Herbreteau,
Deux autres EMMA (Européan Média Master of Art) virent le jour dès 1993, ainsi qu'un partenariat (the French Ticket),
avec l'ENSCI-Les Ateliers de Paris, sous la responsabilité de Jean-Baptiste Touchard, pour accueillir des futurs étudiants en multimédia.
Renaud Jungmann développa les contenus et assura les cours, cours repris ensuite par un ancien de l'ENSCI : Didier Gaboulaud,
puis par un futur ancien étudiant EMMA : Henri Cornuau, l'actuel Directeur Informatique du Centre de Soutien Technique et Multimédia de l'actuelle Cité de la BD.
André-Marc Delocque-Fourcaud nomma à la tête du laboratoire René Laloux, il engagea courant 1998 des professeurs et intervenants,
pour pallier aux différents départs survenus tout au long des deux années antérieures.



Les cursus.

La fondation CITE, créée le 17 juillet 1989, eut pour but la coordination européenne des différents cursus, le développement de programmes d'enseignement et de recherche,
la promotion du développement des professions proches des formations, la promotion de la coopération avec les institutions, les entreprises commerciales et les organismes divers.
Sous la direction de Tom Evans, le bureau de coordination des formations européennes chargea le Royal College Of Art de Londres
d'établir la déclaration d'existence des premiers diplômes baptisés : M.A.I.S.C.A. et M.A.I.M.M.

Les masters enseignés à Angoulême furent les suivants :
- Master of Art in Image Synthesis and Computer Animation (M.A.I.S.C.A.(PIC N°UK 3075))
- Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées en Imagerie Numérique (D.E.S.S.I.N.)
- Master of Art in Interactive Multimedia (M.A.I.M.M.)(PIC N°UK 3024)
- European Media Master of Art (EMMA).

Les différentes formations devait passer chaque année devant la commission européenne ERASMUS (European Community Action Scheme for the Mobility of University Students).
Des bourses étaient délivrées à chaque nouvelle convention, aux étudiants qui se rendaient à l'étranger pour suivre des études dans la filière ou pour effectuer un stage en entreprise.
L'étudiant, en échange de la bourse de mobilité, avait obligation de retourner à ERASMUS un rapport d'expérience acquise. Les diplômes sanctionnant la réussite des élèves dans leur parcours européen furent à la charge de Middlesex University pour la partie M.A.I.S.C.A.,
et par le Royal College Of Art pour la partie M.A.I.M.M.
Par la suite, l'université de Portsmouth prit en charge la délivrance des diplômes EMMA.
Noter que la plupart des étudiants incrits en diplôme multimédia, sous la convention n°UK 3024, ne réalisèrent pas leurs stages à l'étranger,
et de fait aucune bourse ERASMUS ne leur fut versée.

Le master EMMA, master d'art de 3ème cycle était commun à neuf écoles et universités européennes :
- the London Institute, London College Of Printing and Distributive Trades
- the University Of Portsmouth
- the Dublin Institute Of Technology
- den Hogeschool voor de Kunsten d'Utrecht
- die Merz Akademie Hochschule für Gestaltung de Stuttgart
- la Universidad de las Islas Baleares de Palma de Mallorca
- the University Of Art & Design d'Helsinki
- l'Ecole Nationale supérieure de création industrielle (Les Ateliers) de Paris
- le Centre national de la bande dessinée et de l'image d'Angoulême (CNBDI).

La formation EMMA s'adressait aux étudiants issus des filières de l'enseignement artistique :
- diplômés des écoles d'art, écoles d'architecture, écoles de vidéo et de cinéma pour l'EMMA-Cinéma Numérique (animation 2D et 3D, effets spéciaux sur ordinateurs, réalité virtuelle)
- diplômés des écoles de musique, départements audio-visuels d'université pour l'EMMA-Son Image
- candidats non diplômés justifiant d'une réelle expérience professionnelle, admis sur présentation de leurs travaux.

Les échanges ERASMUS se sont intensifiés dès 1991, en particulier avec les instances qui dispensaient les mêmes diplômes que la centre national de la bande dessinée et de l'image.
Le Master of Art in Image Synthesis and Computer Animation était alors en plein essor et de nombreux étudiants hollandais et espagnols sont passés par Angoulême pour parfaire leur français et élaborer des mini-projets sous la conduite de professeurs français.


Ont perduré par la suite, les échanges entre le DIN/LIN d'Angoulême et le DMI, Departament de Matemàtiques i Informàtica de la section Ciències de la Computació i I.A. de l'école universitaire U.I.B de Palma de Mallorca.
Le responsable des échanges mallorquin Juan A. Montes de Oca Durán, y est toujours en poste courant 2011.

les moyens techniques du laboratoire...

in memoriam

René Laloux et Laurent Herbreteau
photo d'Emmanuel Touron
pour l'actualité Poitou-Charente n°36
Christian Tarrade, Laurent Herbreteau,
Catherine Bourgouin et René Laloux
interview de René Laloux au Ministère des Affaires Etrangères

Ces pages sont dédiées à tous les étudiants et à la mémoire de René Laloux et de Laurent Herbreteau qui nous ont quitté respectivement en 2004 et en 2005.
Rédaction des contenus: Michaël Bonabeau.
Remerciements à: Pierre Lère, Thierry Vilar, Alexandra Joubert, Sabine Hitier, Isabelle Auphan pour leur aide,
et à René Laloux et José Xavier pour les contenus pédagogiques.




Laurent Herbreteau
directeur de la formation,
directeur de la production expérimentale du laboratoire,
rapporteur pour le pôle formation de la commission du conseil de développement du Grand Angoulême,
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